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Béta-carotène et cancer : un antioxydant bénéfique pour les non-fumeuses mais nocif pour les fumeuses

Une consommation élevée de béta-carotène est associée à un risque diminué de cancers liés au tabac chez les non-fumeuses mais à un risque accru chez les fumeuses, selon une étude française de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), publiée dans le “Journal of the National Cancer Institute” (JNCI).
Dans le cadre de l’étude épidémiologique de femmes de la mutuelle générale de l’éducation nationale (E3N), Françoise Clavel-Chapelon de l’Inserm et de l’Institut Gustave Roussy à Villejuif (Val de Marne) et son équipe ont étudié la relation entre consommation de béta-carotène et risque de cancers liés au tabac (cancer colorectal, de la thyroïde, de l’ovaire, du col utérin et du poumon), explique le communiqué de presse diffusé par l’Inserm.

Jusqu’à présent, certaines études ont mis en évidence une diminution du risque de cancer associée à la consommation de béta-carotène tandis que des études expérimentales ont suggéré que la consommation de doses élevées de cet antioxydant pourrait être associée à une augmentation du risque de cancer du poumon et digestifs chez les fumeurs.

Les chercheurs français ont analysé les informations concernant l’alimentation, la prise de compléments alimentaires et le statut tabagique de près de 60.000 femmes, à partir de questionnaires distribués en 1994. Les femmes ont été réparties en quatre groupes selon leur consommation en béta-carotène et ont été suivies pendant une durée médiane de 7,4 ans. Au cours de ce suivi, 700 femmes ont développé un cancer lié au tabac.

L’équipe de l’Inserm montre que, chez les femmes n’ayant jamais fumé, la consommation croissante de béta-carotène est inversement associée au risque de survenue d’un cancer. A l’inverse, chez les femmes ayant fumé au cours de leur vie -qu’elles aient arrêté ou non-, le risque de cancer est maximal chez celles ayant la consommation la plus élevée de béta-carotène (prise de compléments alimentaires associée à une consommation alimentaire forte).

Dans la population des 60.000 femmes suivies, le risque absolu de cancer sur dix ans avoisine 180 cas pour 10.000 femmes, fumeuses ou non. En cas de consommation élevée de béta-carotène, il s’élève seulement à 81,7 cas pour 10.000 femmes chez les non-fumeuses, alors qu’il atteint la valeur de 368,3 cas pour 10.000 femmes chez les fumeuses.

“Cette étude réaffirme le besoin d’examiner séparément les fumeurs, les anciens fumeurs et les non-fumeurs dans les analyses du rôle des compléments alimentaires dans la prévention du cancer”, soulignent des chercheurs américains dans un éditorial accompagnant la parution de l’article.

“Bien que le béta-carotène soit susceptible d’être cocarcinogène, on ne peut cependant recommander aux fumeurs d’éviter de consommer des aliments riches en béta-carotène comme les fruits et les légumes dans lesquels d’autres composants pourraient s’opposer à l’interaction potentiellement délétère entre le béta-carotène et le tabac”, précisent les auteurs de l’étude dans le communiqué de presse de l’Inserm.

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